La fête du 50naire de l’indépendance au Mayo-Kebbi géographique

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Les plus hautes autorités du pays avaient voulu que cette fête du 50e anniversaire de l’accession du Tchad à l’indépendance le 11 août, repoussée au 11 janvier 2011 pour cause de saison des pluies et en vue d’une meilleure participation des Tchadiens, soit décentralisée. Pour la réjouissance populaire, elles ont octroyé à chaque Région la bagatelle de 100 millions de Fcfa. Sachant qu’il y a 22 Régions et qu’il faut ajouter les représentations diplomatiques, imaginez le budget de la fête. Les organisateurs devaient tout faire dans chaque endroit retenu pour que chaque Tchadien puisse prendre part à l’ambiance festive de ce jour. Grâce à ces moyens colossaux, la fête fut belle ; mais à des degrés différents selon les zones, faute de privatisation de ces moyens par certains organisateurs.

 

Le mardi 11 janvier, à PALA, à 9 h 30 la place de l’Indépendance est bondée de monde. La population de la ville et des environs s’est massivement déplacée. De l’école du Centre à la place de l’Indépendance, les groupes folkloriques rivalisent, la musique déchire l’air, les élèves marchent en rang par deux au rythme des chants, le va-et-vient des hommes en treillis symbolise le maintien de l’ordre, etc.

A 10 h 20, la sirène de la police annonce l’arrivée du Gouverneur, la plus haute autorité de la Région : hymne national, passage des troupes en revue, salutation des corps constitués, et les officiels montent à la tribune où sont déjà installés les dignitaires. Discours du président d’organisation de la fête puis du Gouverneur et place est faite au défilé : pelotons de la gendarmerie et de l’armée au pas cadencé tiennent le public en haleine, suivis de la longue procession des corps constitués, des élèves, lycéens, sportifs… pendant plus de 2 heures !

Par la suite, la masse populaire qui avait donné un éclat particulier à la fête devait continuer à se réjouir devant les résidences des chefs de carré, de quartier ou d’arrondissement, mais le climat n’y était déjà plus tellement. Le soir, un grand banquet fut offert à la résidence du Gouverneur qui avait convié les chefs de service, opérateurs économiques, représentants des partis politiques, notables traditionnels, civils et religieux.

Si à Pala la fête s’est déroulée sans trop de fausses notes, il n’en a pas été de même dans certaines localités. A GUELENDENG par exemple, le préfet du Mt Lémié a été accusé d’avoir utilisé les moyens à sa disposition à des fins personnelles. Dans le canton GOUMADJI, les chefs de village et leurs notables ont été invités au chef-lieu de la Ss-préfecture, GAGAL, mais l’ambiance était plutôt morose, le veau acheté pour la fête ayant mystérieusement disparu ; et les villageois du canton n’ont rien vu passer de cette fête ! Et BONGOR a fêté sans le Gouverneur, appelé à Ndjamena pour des fraudes de bœufs !

Concluons que dans l’ensemble, tout s’est bien passé, mais envisageons l’avenir avec plus de sérénité et de bonne gouvernance pour le bien de tous et le développement de notre pays.

D’après M. Goua Ndoodansou Ndol, dir. BELACD