LES ELECTIONS LEGISLATIVES ET PRESIDENTIELLES AU MAYO-KEBBI.

Écrit par Abbé Claude Victor le .

Le dimanche 13 février 2011, les Tchadiens de plus de 18 ans étaient invités à passer par les bureaux de vote pour élire les députés de leur choix devant relever les anciens qui ont fait le double de leur mandat.

 

De nombreux candidats relevant de nombreux partis politiques étaient en compétition. Nombre d’observateurs de l’Union Européenne étaient sur le terrain plusieurs jours avant pour suivre le déroulement du scrutin, à côté des observateurs de la société civile locale. La journée de vote s’est déroulée avec peu d’incidents violents. Cela n’a pas empêché de nombreuses fraudes qui ont évidemment échappé aux observateurs internationaux. Toujours est-il que la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a proclamé fin février les résultats provisoires devant être ratifiés par le Conseil Constitutionnel. C’est ainsi que le Mayo-Lémié (Guélendeng) a élu 2 députés, la Kabbia (Gounou-Gaya) 3 députés, le Mont-Illi (Fianga) 3 députés, le Mayo-Dallah (Pala) 4 députés, le Lac Léré (Léré) 3 députés.

Le Mayo-Boneye (Bongor) devait élire 4 députés mais le vote n’a pas été reconnu et le Conseil Constitutionnel a confirmé son invalidation, comme pour la Tandjilé-Ouest et le Mandoul-Occidental, les 3 circonscriptions devant procéder à de nouvelles élections ces jours-ci.

Signalons aussi que sur les 3 élus UNDR du Lac Léré, le Conseil Constitutionnel en a remplacé un par 1 MPS (parti du président), ce qui a provoqué de forts mécontentements sur Léré. La nuit du 7 au 8 avril, les forces de l’ordre ont été envoyées de Pala pour empêcher une manifestation pacifique prévue ce jour-là en ville et dans les centres de la circonscription. Devant les forces armées, la marche populaire a été annulée au moins à Léré-centre pour éviter de faire couler le sang. Mais la tête de l’UNDR, Saleh Kebzabo, a déclaré que « le Conseil Constitutionnel était devenu un comité de soutien au Président »…

Notons la présence de quelques chrétiens connus parmi les élus : Pierre Pazimi Maney Wel Pagouiporé (de Bissi, ancien coordinateur du volet Agri du BELACD), UNDR pour la circonscription de Lac Léré avec Saleh Kebzabo ; Daniel Ndoubabé Tomel (de Gagal-Keni, RDP) ; Aba Djouassab Koï (de Pala, UNDR, docteur vétérinaire, ancien ministre) ; Albert Pahimi Padacket (de Torrok-Pala, RNDT Le Réveil, plusieurs fois ministre) ; Jean Wihaouna (de Gounou-Gaya, UNDR, animateur en pastorale).

Quant aux présidentielles, elles se sont déroulées sans suspens le lundi de Pâques 25 avril où les électeurs n’ont pas fait la queue comme en février pour choisir entre le président sortant Idriss Deby Itno et deux autres candidats, Nadji Madou et Pahimi Padacké Albert. Les 7 autres candidats s’étaient vus démis par le Conseil Constitutionnel, ou bien s’étaient retirés face au refus de faire de nouvelle cartes électorales, pour éviter les fraudes massives comme aux législatives. Nous n’avons pas connaissance des résultats mais nul doute que Déby Itno, 59 ans, au pouvoir depuis 20 ans, rempile pour un 4e mandat de 5 ans, ceux-ci étant désormais illimités après révision de la Constitution. Notons que la date des présidentielles avait été retardée du 3 au 24 avril, ce qui tombait le dimanche de Pâques. Les autorités religieuses ont obtenu que le scrutin soit reporté au lundi de Pâques, jour férié au Tchad.