L’EXPLOITATION DE L’OR A BAMDI

Écrit par Fatsou Daniel, Ponga Pierre et Proksou Gabriel le .

Le village des chercheurs d'orLe village de Bamdi se trouve à 12km de Djodo Gassa, vers le nord-ouest, dans la sous-préfecture de Torrock, département de Mayo Dallah, canton Goygoudoum. Sa population est estimée à 2467 habitants, dont deux chefs de village : M Bakwa François, chef de village moundang et M Batlina Fayne, chef de village moussey. Depuis 2008, des centaines de chercheurs d’or ont passé par là. Ce phénomène à créé et engendré des situations particulières ; positives mais en grande partie négatives. Nous, les chrétiens de la paroisse de Djodo Gassa, sommes allés sur place pour nous renseigner et vous raconter cette histoire.

Le lieu de l’exploitation de l’or comprend une superficie de 143 cordes (une corde = ½ ha) dont une partie était forêt sacrée et un autre (près du village) des champs cultivables employés aussi pour le pâturage.


Dans cet endroit la population cultivait le sorgho, l’arachide, le maïs, le sésame, le coton, le mil pénicillaire, le haricot et le pois de terre. Ces trois dernières années, les cultures ont beaucoup baissé, la production de coton a disparu. L’abandon de champs pour aller chercher l’or est la première cause. Par contre l’élevage des bœufs a doublé ces deux dernières années. Avant ont compté 540 têtes, aujourd’hui plus de 1,000 grâce à l’argent de l’or.

Malheureusement le village de Bamdi n’a pas de centre de santé, la majorité des gens se soignent avec « les docteurs choukous » installés sur le site de l’or. D’autres se rendent au centre de santé de Fama à 4km. Les maladies plus fréquentes sont : le paludisme, la diarrhée, la dysenterie, l’ictère et surtout les maladies sexuellement transmissibles (MST). Bamdi compte une école primaire, un collège, une mosquée, 3 forages (puits ouverts), 13 puits traditionnels et 4 églises, dont l’église catholique.

Exploitation artisanal de l'or

Le côté positif

  • Le commerce s’est développé.
  • L’élevage de bœufs et chèvres et l’achat de matériel agricole ont augmenté-
  • Trois gendarmes assurent l’ordre et la sécurité des chantiers et du village.
  • Selon Alhadji Yousouf, il y a un projet de construction de un bâtiment de 2 salles au CEG et 2 forages pour le village (rien d’officiel).

 

Le côté négatif

  • L’abandon des champs.
  • Les élèves n’étudient plus, ils se retrouvent toujours au chantier.
  • L’or fait augmenter les prix du marché, même à Djodo Gassa.
  • Beaucoup de femmes abandonnent leurs enfants et leur mari. Même les hommes abandonnent leurs concessions.
  • Des femmes et filles se lancent dans la prostitution.
  • Beaucoup de personnes sont malades (gonorrhée, syphilis, sida, etc.) et sans une attention adéquate.
  • Pendant la saison des pluies, le village a été touché sérieusement par le choléra.
  • Une vaste étendue de champs est déjà détruite et une autre est menacée par les chantiers.
  • Le marigot se dessèche.
  • Certains jeunes se droguent avec les revenus du travail.
  • Beaucoup de chrétiens ont abandonné l’Église. Ils partent chez les charlatans, les marabouts, les voyants pour y faire des sacrifices sous prétexte de trouver davantage d’or.

chercheur d'or

Conclusion

Après 5 ans d’implantation de ce chantier aucun projet n’a été ni présenté, ni réalisé par le patron de l’exploitation minière de Bamdi. Jusqu’à maintenant, aucun contrôle sanitaire, social ou économique de la part du gouvernement n’a été réalisé.

D’ici quelque temps, quel avenir pour ce village ? Nos enfants, où vont-ils cultiver ? Est-ce que l’or trouvé jusqu’à maintenait vaut plus que la paix d’un village et les cultures qu’il y avait auparavant ? Et si l’exploitation est finie, restera-t-il encore un peu de foi et d’espoir ?

Pierre nous dit dans sa lettre que nos difficultés servent à montrer la qualité de notre foi : « L’or peut s’abîmer, pourtant on le met dans le feu, pour voir s’il est pur. C’est pareil pour votre foi. Elle est plus précieuse que l’or, mais elle aussi est mise à l’épreuve. Alors, quand Jésus-Christ paraîtra, vous recevrez honneur, louange et gloire, à cause de la qualité de votre foi ».1P 1,7

Pierre dit aussi : « Je n’ai pas d’argent, je n’ai pas d’or, mais ce que j’ai, je te le donne : Au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche ! » Que nous les chrétiens de Bamdi, de Djodo et de tout le monde soyons capables de dépasser nos difficultés, de nous lever et de marcher toujours fidèles à la suite de Jésus.

 

 

 

Travail de recherche réalisé par

Fatsou Daniel, Ponga Pierre et Proksou Gabriel

membres de la paroisse de Djodo Gassa

LA MORT ET LES FUNÉRAILLES CHEZ LES MOUSSEY

Écrit par Gabriel Arroyo le .

(Notes sur la CULTURE MUSEY fruits des sessions et des rencontres du « Groupe Inculturation » tenues à Gounou-Gaya en Juillet 1999 et en 2003.)

Mort chez les MuseyLes Musey comme beaucoup d’autres ethnies en Afrique pensent la même chose que cet écrivain africain. Mais comment vérifie-t-on cela dans la réalité de la vie quotidienne ? Les Musey pensent que ceux qui sont morts voient les vivants, les fréquentent, les guettent… Ils deviennent bons ou mauvais selon le rapport que les vivants entretiennent avec eux. Quand les morts et les vivants se rencontrent-ils ? Il n’y a pas un moment fixe. Ça peut être le jour ou la nuit.

Le PAQ, une initiative du centre culturel Nicodème de Pala a le vent en poupe

Écrit par Emmanuel Nguiram le .

Animation du CNN dans les quartiers de PalaDepuis juillet 2011, une équipe du Centre Culturel Nicodème (CCN) de Pala anime quelques quartiers de la ville au moyen de séances de théâtre populaire et de film forum. Ce projet est nommé PROJET ANIMATION QUARTIER (PAQ). Cette activité se déroule en bordure de route ou sur des espaces publics, les après-midis de fin de semaine. Le public cible est pour la grande majorité les jeunes de 15 ans et plus, mais bien souvent les plus jeunes sont les plus nombreux, prenant d’assaut les lieux de ces animations. Les thèmes qui font pour la plupart l’objet des débats tournent généralement autour des problèmes sociaux des jeunes en milieu urbain. Ce sont par exemple l’alcoolisme, la violence, la déperdition scolaire, l’oisiveté, les grossesses non désirées, pour ne citer que ceux-là.

PLUVIOMETRIE 2011

Écrit par Sr Bénédict le .

Au 18 octobre Pala est à 827,6 mm de précipitations. Nous sommes en-dessous de la moyenne de ces 6 dernières années. La saison des pluies a commencé avec un mois de retard par contre la répartition était relativement bonne, ce qui a permis une production moyenne.

L’arachide a bien produit mais la récolte s’avère difficile parce que la terre est déjà trop sèche.

Les cultivateurs du sorgho de décrue ont des difficultés pour le repiquage, il faudrait encore une ou l’autre pluie.

Le 2 juillet nous avons eu la plus grosse pluie de l’année à Pala elle n’atteignait que 61 mm.

La zone de Bongor, sensible aux inondations, n’a pas connu de dégâts d’eau cette année.