Presbyterium 2011

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Presbytérium 2011Tous les prêtres du diocèse, ou presque, se sont rassemblés cette année du 28 au 31 mars autour de leur évêque, Mgr Jean-Claude BOUCHARD, pour parler de la vie du diocèse et partager ensemble les joies et difficultés liées à leur vie de prêtre.

Le mardi 29 après les laudes priées ensemble, Monseigneur a ouvert le presbyterium en souhaitant la bienvenue à tous et surtout aux 3 nouveaux ordonnés, les abbés Benoît, Joseph et François ainsi qu’au père Denis arrivé nouvellement dans la communauté des Xavériens de Gaya. La parole fut ensuite passée à l’abbé Révérien (Fidei Donum de Gitega) qui a animé une récollection sur le thème : « L’amour de Dieu et du prochain, pierre angulaire de la construction de notre fraternité sacerdotale ». 2 points se dégageaient de son exposé : Les 6 piliers de l’amour ; les moyens pour vivre la fraternité sacerdotale.

Parlant de l’amour, l’abbé a pris l’image d’une maison construite sur 6 piliers étroitement liés entre eux de telle sorte que si on en enlève un, la maison s’écroule. Donc l’amour est une maison soutenue par les 6 piliers suivants : Offrir, Donner, Pardonner, Demander, Accueillir, Refuser. […] Comme moyens pour vivre la fraternité sacerdotale, l’abbé a cité son confrère Martin Waingué qui souligne que, pour que la fraternité sacerdotale soit bonne et vraie, les 5 points suivants doivent être respectés : la vie commune ; les rencontres entre prêtres ; le dialogue ; le partage des responsabilités ou la coresponsabilité ; la correction fraternelle et la réconciliation. Le prédicateur a ajouté que les conflits d’idées ne doivent pas devenir conflits de personnes. De même les différences dans une communauté sacerdotale ne doivent pas être vues comme cause de division mais plutôt comme richesse. Pour clôturer, il a cité Saint Bernard : « La valeur de l’âme se mesure à son amour ».

Le mardi soir, les membres du presbyterium se sont présentés, puis le Vicaire Général a présenté plus amplement cette grande famille. Le presbyterium paraît jeune cette année, la moyenne d’âge étant de 45 ans 3 mois. Dans sa première intervention, notre Évêque a parlé de mémoire de quelques points forts de ses visites pastorales dans certaines paroisses de la zone de Pala et de sa rencontre à Moundou avec les supérieurs majeurs des congrégations qui travaillent au Tchad.

Notre évêque a affirmé que notre Église souffre aujourd’hui d’une perte de sens religieux et que l’abus de boisson est devenu un problème très grave qui crée non seulement des dégâts mais paralyse l’Église, provoque l’abandon de la Parole de Dieu et de la prière. « Le dimanche, la Parole de Dieu est coincée entre deux beuveries », dit-il. C’est à dire que les chrétiens vont boire au cabaret avant de venir à la messe et y repartent après. Le catéchuménat ne marche pas bien non plus... Comment donner vie à nos communautés chrétiennes si la Parole de Dieu n’est pas aimée ? Sans Elle, l’Église perd sa valeur et les chrétiens font finalement la même chose que les associations non chrétiennes ; nos CEB tendent à ressembler à des groupements où on vient pour cotiser l’argent pour la fête ! Concernant la prise en charge, notre Évêque a dit que les gens semblent comprendre la prise en charge matérielle mais pas encore la prise en charge spirituelle. Et dans la mentalité de certains chrétiens, l’Église est vue comme une ONG qui peut donner de l’argent. Certains disent même qu’ils veulent des prêtres riches, pas des prêtres noirs !... Ambiguïté remarquable entre évangélisation et développement ! Le développement semble bien réussi mais la Parole de Dieu n’est pas mise en pratique, il y a un contre-témoignage à ce niveau. De plus, dans nos communautés, la faiblesse s’installe à tout niveau, parce qu’il y a trop de tolérance de notre part, ce qui est vu comme un encouragement au désordre. Enfin s’adressant directement à ses prêtres, l’évêque les a invités à toujours se rappeler leur première vocation, la vocation baptismale qui est la base de leur vocation sacerdotale. Ainsi, le prêtre doit mener une vie selon l’Esprit de Dieu et cultiver la solidarité avec ses confrères pour mieux lutter contre le mal et être plus fort devant les épreuves. Il doit tout faire pour que ses projets personnels ne portent pas atteinte à la fraternité sacerdotale. Dans les épreuves actuelles, il ne faut pas affronter l’avenir dans la dispersion. Le prêtre doit aussi avoir une relation vraie, évangélique, avec ses collaborateurs. Ne pas séparer la vie personnelle avec l’apostolat ni tomber dans l’activisme. Donner plutôt la première place à la vie spirituelle en méditant régulièrement la Parole de Dieu, la source de la vie spirituelle, sa nourriture et la force pour un renouvellement constant. « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis pasteur », disait St Augustin. L’intervention de Monseigneur nous a placés devant un grand défi qui nous attend, et auquel notre Église famille de Dieu qui est à Pala doit lutter.

Le mercredi matin, les prêtres se sont retrouvés par zone pour proposer des solutions concrètes afin d’améliorer la fraternité sacerdotale. Ils ont répondu à 3 questions : comment vivons nous la fraternité sacerdotale ; quels sont les apports des uns et des autres et quelles mesures prendre pour s’entraider mutuellement afin d’être fidèles à l’engagement presbytéral ? Retenons que beaucoup de nos communautés sacerdotales affirment que la fraternité sacerdotale est vécue d’une manière satisfaisante car dans toutes les communautés, il y a un rythme de vie ou une règle de vie que chacun des membres s’est engagé à respecter. Beaucoup de choses favorisent cette fraternité : retraite mensuelle, prière ensemble, repas ensemble ; partage d’idées et mise en commun des fruits de la pastorale ; partage de responsabilités ; bonne gestion du bien commun ; différences comprises comme richesse. Malgré cela, les prêtres savent qu’il leur reste encore des efforts à faire pour la bonne marche de leur communauté : partager ses qualités pastorales et spirituelles avec les autres ; accepter de travailler dans les commissions diocésaines ; apporter de l’enthousiasme ; être fidèle aux programmes des activités… Pour mieux s’entraider, il faut un responsable pour coordonner la formation permanente et le suivi des prêtres dans leur 5 premières années d’ordination. La correction fraternelle et la réconciliation sont aussi à cultiver. La messe de ce jour a été présidée par les prêtres nouvellement ordonnés.

Le mercredi soir, Monseigneur a soulevé un débat sur le catéchuménat qui s’est terminé par la décision de travailler l’année pastorale prochaine sur la Parole de Dieu. Puis l’assemblée a pris des résolutions parmi lesquelles on peut retenir : le suivi des prêtres jeunes pendant leur 5 premières années ; l’établissement d’une règle de vie dans chaque équipe de vie ; la récollection périodique régulière au niveau de la zone ; le bon témoignage en évitant la fréquentation des cabarets et des bars. Le Conseil presbytéral a été chargé de l’application de ces résolutions.

Le jeudi 8 h, la messe chrismale a été célébrée à la cathédrale par Monseigneur entouré de ses prêtres avec un grand nombre de chrétiens de Pala. Les 36 prêtres présents y ont renouvelé leurs promesses sacerdotales à l’Évêque qui a ensuite béni les huiles des malades et des catéchumènes et consacré le saint-chrême que chaque prêtre a emporté ensuite pour le ministère dans sa paroisse.