ORDINATION PRESBYTÉRALE DE MARTIN DARANA

Écrit par Abbé René Ndikwa le .

Ordination Martin à PalaLe Seigneur ne cesse d’enrichir son Eglise en appelant des hommes et des femmes disponibles à consacrer leur vie au service de l’Evangile et au service de leurs frères et sœurs. C’est ainsi que la journée du 19 novembre 2011 fut une journée sans pareille pour le Diocèse de Pala, car un de ses fils, Martin DARANA, a dit son oui définitif à l’appel du Seigneur.

 

En effet, des foules de chrétiens étaient venues de partout (du levant et du couchant) pour rendre grâce à Dieu pour le don du sacerdoce ministériel fait à son Eglise.

Dès le matin, des chants en diverses langues du diocèse : Moussey, Ngambay, Zimé, Lélé, Moundang, Toupouri et Français (comme à la Pentecôte), retentissaient, agrémentant ainsi l’ambiance festive. L’aire de prière de la Paroisse Cathédrale de Pala était enjolivée par des chrétiens en habits multicolores, ressemblant aux guirlandes de Noël. La devise du nouveau prêtre attirait de loin : « Pour eux, je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité » (Jn 17, 19).

Juste au début de la célébration, tout le monde, les yeux grandement ouverts, fixait le crucifix qui ouvre la grande procession des servants de messe, des prêtres et de l’évêque pour célébrer le don précieux que le Seigneur daignait bien leur accorder. Ils attendaient le oui inconditionné de l’ordinand et sa consécration par l’évêque et tout le presbyterium pour acclamer. Après la salutation de l’évêque, ce fut le mot d’accueil du curé modérateur de la cathédrale, l’abbé Fréderic HISSEIN SENECKNA, pour qui la vocation sacerdotale n’est pas une promotion humaine, mais un don de la grâce divine. Ainsi, il ne faut pas voir la mission du prêtre comme un simple projet de vie. « Le prêtre est un instrument de Dieu » disait-il. « Il est appelé à révéler aux hommes à la fois le visage de Dieu Père et le vrai visage de l’homme en Jésus-Christ ». Pour finir son mot d’accueil, l’abbé Fréderic disait que notre monde a besoin des prophètes pour dénoncer et annoncer, parce que nous vivons des divisions sociales, des injustices, des corruptions généralisées à grande échelle dans tous les milieux. Face à ce phénomène, le prêtre a quelque chose à dire au monde, même s’il n’est pas du monde.

L’année liturgique étant déjà dédiée à la Parole de Dieu, Dieu Lui-même marchait au milieu de son peuple dans une procession solennelle de sa Parole. Trois extraits de la Parole de Dieu étaient déjà choisis par le nouveau prêtre, il s’agit de : Is 43, 1-7 ; Ps 138 et Jn 17, 6-23.

Dans son homélie, Mgr Jean-Claude Bouchard a souligné la cohérence des textes choisis avec la situation actuelle du Tchad où les chrétiens vivent dans le monde sans être du monde, le monde avec ses deux acceptions, à savoir l’humanité en général d’une part, et d’autre part, les hommes avec ce qu’ils ont de mauvais : péchés, ténèbres, mensonges. Ce monde, dans sa dernière acception ne peut pas accueillir le disciple du Christ tout comme il ne peut pas accueillir le Christ lui-même. Ce monde est toujours présent au Tchad, dans le Mayo-Kebbi et il y a toujours lutte entre l’esprit du bien et l’esprit du mal. Par la Parole et le baptême que nous avons reçus, nous n’appartenons plus au monde, mais à Jésus. C’est pourquoi la mission des disciples est de combattre le règne des ténèbres du monde et de les vaincre comme Jésus lui-même les a vaincues.

Le disciple du Christ est mis à part par Dieu. Il est sanctifié par la Parole de Dieu, une Parole qui est Vérité, cette Vérité que le monde n’aime pas parce qu’elle le condamne. C’est pourquoi le monde a toujours de la haine envers les disciples comme il a en eu envers le Maître. Heureusement que le Christ s’est sanctifié lui-même pour que ses disciples soient eux aussi sanctifiés. En effet, le disciple n’a pas à se plaindre car Dieu le rassure en ces termes: « Tu vaux cher à mes yeux et moi je t’aime… Ne crains pas car je suis avec toi » A nous donc de choisir : voulons-nous appartenir à Dieu, en obéissant à sa Parole de vérité, ou être du monde, donc participer aux mensonges et aux œuvres des ténèbres ?

Certes, la conversion, la primauté et la centralité de la Parole de Dieu dans notre Eglise, la Réconciliation, la Justice et la Paix sont les moyens sûrs pour former une société digne des enfants de Dieu. Son excellence Monseigneur n’a pas manqué de rappeler à tous les fidèles l’auto-prise en charge de notre Eglise en les invitant bien sûr à une vie chrétienne responsable.

Après les rites d’ordination et la Messe, le nouveau prêtre a saisi l’occasion pour remercier d’abord l’évêque pour la confiance qu’il lui a faite en le configurant au Christ Grand prêtre par l’imposition des mains, et ensuite à tous ceux qui l’ont soutenu pendant son cheminement vers le sacerdoce.

La cérémonie s’est déroulée dans un climat de joie et de prière. Une agape fraternelle avec le nouveau prêtre était partagée avant de se séparer. Les uns ont rebroussé chemin et d’autres se sont mis en route pour Gounou-Gan, paroisse d’origine du nouveau prêtre pour la prémisse.

Abbé René NDIKWA, Pont Carol